VOYAGE SOLIDAIRE

« LE DESERT DE NOS VIES »

On compare souvent nos vies à une longue traversée du désert, sans jamais trop y avoir mis les pieds d’ailleurs. Cette dernière année, nous avons subi le temps qui passe et qui s’écoule lentement, mais aussi le manque d’espace alors que nous étions confinés. L’absence des autres aussi. On nous a parlé de ce qui est essentiel ou non essentiel. Une mise en pause qui devrait nous en apprendre sur nous et sur nos limites, comme sur nos excès. Et pourtant !

Par Pascal Falcone

octobre, 2021

Rédacteur en chef de Hug Magazine

Un voyage de merveilles

Des myriades de myriades de grains de sable que les vents soufflent et déplacent pour dessiner et redessiner encore et encore des lignes ondulées, telles des arabesques calligraphiées, peut-être celles d’un divin message éphémère sur une mer de dunes. De quoi vous donner envie d'en savoir plus sur la Mauritanie... On vous comprend ! Le désert attire, séduit et puis vous freine parfois dans vos envies. Pourtant à chaque fois, l'irrépressible envie d'y retourner vous engage vers un voyage de merveilles et de trésors bouleversants à découvrir. Jet-lag Magazine aime ces destinations qui vous font découvrir un savoir-faire, celles qui vous éduquent aussi. Avec la Mauritanie, vous apprendrez forcément à regarder. Mieux encore, à contempler béatement ces dunes de sables ondulantes et omniprésentes. Sans doute, elles vous captiveront. Elles vous apprendront l'immensité et vous obligeront à avoir une grande humilité face à ces petits grains de sable qui, cumulés, forment des montagnes de sable. Au loin, vous y découvrirez aussi ses rivages, son front de mer aussi. Avec les vagues de l'Océan Atlantique qui se déchainent parfois avec violence...

Un voyage dans le désert peut être un appel de l’âme à se recentrer, se retrouver pour aller de l’avant. Un voyage mystique peut-être ! A chaque pas dans le sable d’une mer aussi douce que dangereuse, vous avancerez vers cet inconnu, vous.

La Mauritanie, terre de sables et de sublimes plages

Votre magazine JET LAG est fier d’être partenaire d’un voyage solidaire de la fin de l’année, venant à soutenir la scolarisation des enfants de Chinguetti en Mauritanie. Un village pris par les sables du Sahara, où le changement climatique impose ses contraintes, et rend incertain l’avenir des enfants. Voilà pourquoi, nous soutenons la mission de l’association ELLES sans frontières organisant un voyage de 8 jours dès le lendemain de Noël, au départ de Paris à destination de Chinguetti en Mauritanie. La compagnie aérienne Royal Air Maroc soutient la mission en offrant à l’association la mise en soute de 300 kilos de matériel scolaire, de jouets et de vêtements. Vous ne pouvez voyager, mais vous souhaitez soutenir cette mission en scolarisant un enfant ou en faisant un don volontaire, voici un lien : https://gofund.me/9e8b082a

Avancer dans le désert

Retour sur soi

Le grand désert du Sahara est un espace de contemplation, de méditation menant à l’intériorisation, à l’introspection, dans un silence, une musicalité inhabituelle. Filant entre nos orteils, le sable est d’une grande douceur, une sensation apaisante, nous portant un peu plus loin encore, pas après pas sans trop savoir vers où nous allons, parce que nous avons mis notre confiance et notre vie entre les mains d’un guide dans la tradition nomade.

Comme Monod, vous ramasserez des pierres, des morceaux de poteries ou des coquilles d’œuf d’autruche, et peut-être même, vous trouverez sa météorite ! Entre ciel et sable, vous serez tout petit, un tout petit prince, dessinant dans votre imaginaire des épopées fantastiques. L'impression de ne pas être grand chose au milieu de ces grains de sable...

 

empreintes dans le sable

Entre sables et vagues...

Ce vaste espace aride s’étend sur 5 000 km d’ouest en est, de l’océan Atlantique à la mer Rouge, et couvre plus de 8,5 millions de kilomètres carrés. Le désert est une zone aride ou semi-aride, souvent chaud lorsque l’on évoque le Sahara, le plus grand désert au monde, recouvrant presque tout le nord de l’Afrique, ainsi que les autres déserts africains et de la péninsule Arabique. Gare à celui qui viendrait à s’y perdre ! Le soleil et la chaleur sont les pires ennemis, puis le manque d’eau et la polydipsie entraînant la déshydratation. Il y a aussi la vipère des sables, et les scorpions. Une terre hostile où pourtant l’homme a su faire sa place.

Jadis, le peuple juif erra dans le désert de Judée durant 40 années. Des cités antiques virent le jour dans cet espace immensément vide, et des commerçants nomades étaient le lien entre chaque ville. Certaines villes disparurent, comme l’antique Babylone. D’autres tentèrent de ne pas se faire ensevelir sous le sable, telle la célèbre Tombouctou à 52 jours de chameau de Zagora au Maroc. Et vers la Mecque, une ville devenue gigantesque au milieu de rien, 1,8 milliard de musulmans se tournent pour prier.

Les premières agences de voyage furent créées dans ces grandes villes de commerces par les nomades. Chinguetti dans la région de l’Adrar mauritanien fut l’une des 7 villes saintes de l’Islam. Fondée à la fin du XIIIe siècle, elle devint un important centre de commerce caravanier transsaharien entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.

Une ministre prête à relever les défis pour la Mauritanie

Chinguetti est la « Ville des bibliothèques », où les voyageurs des temps modernes visitent l’une des 16 maisons privées où sont conservés de vieux manuscrits du Coran, des sciences et de la littérature datant pour certains du IXème siècle. Ce patrimoine lui a valu d’être classée Site du Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1996. Malgré quelques missions de désensablement, sa vieille ville disparaît inexorablement, et seul son minaret tente d’y échapper par la foi de ses quelques habitants.

Parmi eux, une Française est bien connue pour ses confitures. Ginette, une sexagénaire normande tomba amoureuse de ce coin de la Mauritanie, il y a des années. Dans son antre rénové qu’elle loue pour 50€ le mois, un jardin où plants de tomates, mangetouts et carottes s’alignent parfaitement aux herbes fraîches et autres plantations. Aux dernières heures du jour, lorsque le muezzin appelle ses fidèles, Ginette profite de la fraîcheur de sa terrasse pour contempler son plaisir vert. Ancienne colonie française durant dix années (1950-1960), la République islamique de Mauritanie n’a gardé que peu d’influences de la France, si ce n’est la tradition du pain baguette et la langue de Molière particulièrement bien parlée malgré un analphabétisme important.

La nuit se pose sur Chinguetti, seuls les phares de quelques vieilles Mercedes-Benz rafistolées projettent leurs ombres sur les murs en pierre sèche de la maison d’hôtes La Gueïla. Sylvette et son associé Sidi accueillent les voyageurs dans leur maison pleine de charme. Un parfum d'eau de fleur d'oranger flotte dans l’air. Les chambres aux confortables lits tournent autour du patio, ombragé par un palmier répondant au bougainvillier. La Gueïla est devenue l’adresse fréquentée par les expatriés, les ambassadeurs de sortie en famille, et surtout les voyageurs prêts à affronter l’infini désert. Ici on mange des soupes bio du potager, relevées aux épices Roellinger, ou des tajines et couscous inspirés d’ailleurs.

Les hébergements de qualité sont peu nombreux en Mauritanie, et si la ministre du Tourisme Madame Naha Hamdi Mouknass nous confia lors d’une entrevue à Nouakchott qu’elle travaille à une amélioration de la qualité du tourisme, nous pouvons espérer en un label pour classer les établissements, et voir fleurir les investissements étrangers. Le pays ne peut plus se satisfaire d’un tourisme de marcheurs n’allant pas à la rencontre des populations en ne dépensant presque rien. Figure du tourisme local, Maurice Freund, le dirigeant de Point Afrique qui affrète des vols directs Paris-Atar a tant fait pour les destinations transafricaines qu’on ne peut que le remercier, mais aujourd’hui la destination doit s’ouvrir à une plus large catégorie de voyageurs. D’autres l’ont compris ! Financé par un groupe qatari, le complexe hôtelier 4 et 5 étoiles Rayane, est sur le point d’être inauguré à Nouakchott.

Envie de faire l'expérience d'un voyage en Mauritanie ? Alors nul doute, rejoignez un séjour exceptionnel en Mauritanie à l'occasion des fêtes de fin d'années. Partez célébrer le nouvel an sous les étoiles de la Mauritanie.  Un voyage tout compris avec hôtel, vols, guides et paysages d'exception pour 1888 €. Pour cela, réservez votre vol avec agence Philéas Frog Voyages : 01 45 22 60 00.

Quand le désert se transforme en plage...

Retour à Chinguetti, ville sainte d’où jadis les caravanes de dromadaires partaient à travers le désert pour faire commerce et rejoindre la Mecque, puis revenaient un an plus tard.

Les voyageurs désireux de vivre l’aventure au cœur du désert s’éprouvent quelques jours, parfois deux semaines au plus. Il ne fait aucun doute que l’appel du désert est fort, et que la Mauritanie soit l’un des rares pays à offrir encore un accès à cet espace. Bien que frontalier du Mali, 1 036 000 km² font de la Mauritanie un immense pays aujourd’hui considéré sans grand danger pour le tourisme. On s’amuse même de la fois où l’ambassadeur des Etats-Unis abandonna sa voiture blindée enlisée dans le sable, pour continuer sa route dans le Toyota de service.

Trop longtemps la Mauritanie aura été stigmatisée, et enfin l’heure est venue à l’apaisement et du retour des voyageurs. Au-delà de l’expérience du désert, la Mauritanie est un grand pays aux paysages changeants. Dans une même journée vous pourrez caresser le sable, avoir le vertige depuis les hauteurs d’un canyon, vous désaltérer à la source d’une oasis, aller à la rencontre des villageois, et même grimper sur les roches à la découverte de peintures rupestres.

Dans cette immensité, rien est vraiment vide. Sorties de nulle part, des vendeuses de colliers en perle de vers ou de bois, des enfants venant à votre rencontre pour un stylo, et des jeunes filles se dérobant derrière leur voile mais au sourire charmeur. Les gens de l’Adrar sont vraiment accueillant et d’une grande amitié pour les voyageurs. Et si le cœur vous en dit, pourquoi ne pas vous offrir une vue sur l’Atlantique avant votre départ, puisque ce pays compte plus de 754 km de côtes poissonneuses, et de plages se confondant avec le désert.

 

Suivez le guide

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Le tourisme solidaire, pas incompatible avec le tourisme de luxe

enfants en Mauritanie

Les 20 voyageurs privilégiés participants à ce voyage solidaire consacreront, selon le programme, une journée pour l’aménagement de 3 classes d’écoles. Il est déjà inclus dans le tarif 83€ versée à une association locale pour la scolarisation de 20 enfants durant 5 années. Dans l’action, ELLES sans frontières née de l’intention d’offrir du mieux dans l’aide à l’enfance, propose aux femmes (et aux hommes) de dépasser leurs limites dans l’effort lors de marches sportives en France et à l’étranger. Alors oui, on fait appel à votre désir de voyage et à un élan de solidarité.

L’avenir du tourisme commence dès aujourd’hui avec un premier voyage en Mauritanie, aux portes du désert du grand Sahara, avec la ville ensablée de Chinguetti et l’association Medinaty. Elles sans frontières est une association solidaire de voyages et d’évènements sportifs. Nous sommes tout autant convaincus que le luxe n’est pas en opposition avec la solidarité, et votre magazine veut être un vecteur de communication pour ces engagements solidaires. Vous aussi vous désirez soutenir ce voyage solidaire en y participant ? Vous devez prendre contact avec l’agence Phileas Frog à Paris, en charge des réservations au 01 45 22 60 00.

Suivez le guide…

 Vous emporterez avec vous le souvenir de son regard. Souvent dissimulé derrière son hawli en hassanya, la langue de la Mauritanie, ou son chèche, une étoffe de 4 à 8 mètres de long, dans des tons bleus clairs et délavés. Jadis les hawli étaient d’un bleu indigo foncé, une teinture qui imprégnait et protégeait leur peau, d’où le nom d’hommes bleus du désert. Habitué à le voir enturbanné dans son chèche, vous vous laisserez surprendre à le découvrir un peu plus, autrement, et presque plus intimement lorsqu’il vient à le refaire ou à l’ajuster. Vêtu de son boubou ou drâa aux broderies dorées ou blanches, fluide et léger, à la large échancrure laissant apercevoir une chemise et un pantalon de coton, il en impose. Vous seriez surpris d’apprendre qu’il existe une mode et des collections, et que l’homme mauritanien, qu’il soit berbère, noir ou métisse, ce Maure cultive une certaine élégance.

Un brin mystérieux dans son costume traditionnel, au fil des heures et des jours, il se dévoile à vous, dans un français excellent, il vous parle de son pays, il vous introduit à la beauté de ses paysages, puis vous laisse contempler dans le plus grand silence, interroge votre cœur, et parfois même, pose quelques sagesses pour toucher votre âme.

La plus belle des qualités qui fait de lui l’ambassadeur de sa terre natale, la Mauritanie, c’est la bienveillance. Il se soucie constamment de vous. Et sans que vous vous en rendiez compte, il anticipe vos besoins. Serait-il un génie d’un conte des mille et une nuits ? Il pourrait l’être, mais il remet à Allah la magie de sa création, une terre de contrastes à couper le souffle.

Cette homme est un érudit. Il est fier d’être de la lignée de ses aïeux qui observaient les étoiles et les nommaient. Un peu poète, un peu philosophe, il vous offre un premier thé amer, puis un deuxième fort, et enfin un dernier doux comme la mort. Un rituel, une cérémonie du thé (attaï) comme chez les Touaregs. Curieux, il s’intéresse à vous, à vos pensées. Il veut savoir comment est votre vie, chez vous.

Pensez-vous que ce soit tout ? Pas vraiment, car c’est surtout un humaniste. Il sait réunir autour de lui les bonnes personnes. Président et créateur de l’ONG « Medinaty », il réunit des fonds pour la scolarisation des enfants de Chinguetti. Il suffit de 86€ pour accompagner un enfant du primaire au secondaire durant 5 ans. Pour le moment, 26 enfants sont soutenus.

Les enjeux pour la Mauritanie

L’éducation est un problème majeur dans ces villes et villages reculés de l’Adrar. Si seulement le tourisme pouvait contribuer à l’amélioration du niveau de vie des populations, alors, les enfants pourraient tous recevoir une éducation et s’offrir ainsi des perspectives d’avenir.

Rien n'est impossible quand on voit fleurir des arbres fruitiers dans les jardins de la palmeraie de Chinguetti alors que le sable avance. Lorsque notre guide rentre chez lui, il passe par son lopin de terre, ouvre le robinet du puits et irrigue les dernières semences. Au plus chaud de l’été, des milliers de Mauritaniens affluent dans la palmeraie pour la fête de la guetna. Les dattes sont mûres et gorgées de soleil, et une telle abondance amène à la réjouissance en famille et aux célébrations de mariages. L’environnement est l’une des préoccupations de notre guide. Ramasser et brûler les déchets abandonnés est un geste quotidien.

Tressautez-vous d’impatience d’en savoir plus, et que je pose un nom sur cet homme valeureux ? Un peu de temps encore pour partager avec vous un moment unique, un privilège qui pourrait vous être, à vous aussi, offert : un déjeuner chez lui, en famille, une porte en alu donnant sur une cour, et une maison, traditionnelle et simple au centre de la nouvelle ville de Chinguetti. Ce n’est pas prévu au programme, même si le Mauritanien est accueillant. Un thé, un deuxième puis un troisième viendra accompagner des crêpes salées garnies de légumes et légèrement épicées, avec une crème de chèvre frais et le sourire de son épouse Sektou. Plus jeune que lui, elle est d’une grande beauté. Son sourire ivoire reste dans la retenue. Elle est néanmoins à son aise. Elle vérifie que vous appréciez sa cuisine, et attend que vos plats soient vides. C’est une belle histoire d’amour, nul doute, même si la pudeur des sentiments se laisse percevoir. Au petit dernier, elle donne le sein.

De retour du jardin d’enfants, ses deux garçons entrent avec enthousiasme, et cet élan est freiné par notre présence. Surpris, étonnés et curieux, ils n’osent pas, ils observent. Nous prenons quelques photos souvenirs.

Dans la fraîcheur de sa maison, nous avons partagé un peu de son intimité, il nous a définitivement offert son amitié.

Cet ami se nomme Abdou Bouamou. Il est mari et père, engagé et solidaire des enfants et jeunes de son village, il est jardinier à ses heures perdues, et il est aussi celui qui vous régale de sa cuisine qui tient en un réchaud à gaz, une cocotte-minute, et deux théières. Il est le guide, votre guide indépendant, celui qui vous ouvrira les portes du désert, et peut-être même celles de votre âme.

Il y a dans l’effort, une véritable volonté de lâcher-prise en vous abandonnant à votre guide, en le suivant alors que vous venez de le rencontrer, et pourtant vous lui offrez votre confiance, et vous avancez. Parce que vous entendez cet appel de l’intérieur, celui qui vous invite à vous recentrer, et donc à lâcher prise, vous ne percevez plus aucune inquiétude. Bien au contraire, vous vous laissez envahir par la beauté du désert. La nature vous parle. Vous sentez le sable sous vos pieds, entre vos orteils, d’une grande douceur, comme la brise qui vous entoure alors que le soleil vient chatouiller vos joues camouflées sous le chèche. Vos pas derrière vous.

Face à vous, une dune. Votre guide la contourne et vous enseigne qu’il serait plus fatigant de la grimper de face que de la contourner, et même si cela rallonge votre parcours. Que devons-nous comprendre ? Que la patience et l’endurance valent mieux que la difficulté d’un combat immédiat ! Notre être se met en phase avec les éléments, l’espace et le temps qui passe. Notre respiration s’économise, comme l’eau de notre gourde.

Les caravaniers ouvrent la route. Nous marchons dans leurs pas. Parfois nous sommes avec eux et profitons de l’ombre des dromadaires. L’un des deux camélidés me regarde avec tendresse. Ses longs cils feraient pâlir de jalousie les modèles de l’Oréal. Ils marchent avec une certaine élégance, et ce, malgré le poids des charges sur leur bosse. Une pause s’impose sous les acacias. Gare aux épines ! Mais Abdou installe des nattes et des matelas, puis s’en va cuisiner. Un moula-moula se pose tout prés. Cet oiseau est porteur de bonnes nouvelles disent les Touaregs. Mieux qu’un Twit, ce messager !

Le ciel est bleu. Un grand bleu. Quelques nuages s’y déplacent lentement. Hypnotisé, ou alors est-ce la fatigue qui gagne, vous vous surprenez à les suivre. Peut-être ne l’aviez-vous jamais fait auparavant ! Voilà l’occasion de faire défiler votre vie, et de tirer un bilan. Le détachement d'abord, loin des nôtres. Nous vivons notre vie, notre expérience, seuls dans un désert, et pourtant nous restons connectés, même sans wifi. L’auto- suffisance ou le contentement dans le peu. Un sac à dos et peu de choses à l’intérieur, peu lourd, juste l’essentiel, et l’on se rend compte qu’un rien suffit et que notre plaisir n’est pas dans l’accumulation de choses non essentielles. « Less is more ».

Nous apprécions l’espace, la grandeur voire l’infini. Et nous oublions rapidement nos vies étriquées. Nos petites boîtes pour y cumuler le fruit d’un dur labeur pour acquérir de plus grandes boîtes et travailler plus encore, et une autre plus grande encore pour un jour finir dans une toute petite boîte. Tout autour de nous, bien que le paysage soit aride, nous portons une attention particulière à la végétation qui a su s’adapter, et qui s’accroche pour survivre. Rare. Nous avons envie de la chérir et de la protéger. Nous l’admirons.

Tout en haut, nous y sommes arrivés, entre ciel de feu et sable s’envolant au firmament, nous observons le chemin parcouru au gré de nos efforts, et nous nous laissons envahir de l’abondance du sentiment de vivre pleinement en accord avec l’instant présent, et d’avoir comblé un vide, le désert de notre vie, par la foi en des lendemains sereins puisque nous voilà recentrés. Serait-ce cela la vacuité ?

Un podcast pour vous en parler...

Vous pouvez retrouver le podcast avec l'auteur de cet article, Pascal Falcone sur Jet-lag Radio.

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