MISE AU VERT

SUR LES PAS DE FEMMES CÉLÈBRES EN CORRÈZE

Partir sur la trace de femmes illustres, jamais nous n'aurions pu le croire ! Et pourtant, Colette, Coco Chanel et Simone de Beauvoir ont toutes les trois un lien fort avec la Corrèze et avec Brive-la-Gaillarde : Celui d’avoir vécu leur enfance sur ces terres corréziennes. Découverte d’une région qui a su les inspirer dans leurs créations artistiques et d'autres sites pour avoir une vision globale de ce si beau département !

Par Christel Caulet

juillet, 2021

Passage obligatoire dans l'abbaye d'Aubazine

Quand on arrive dans le charmant village d’Aubazine, on comprend immédiatement qu’ici, il s'y passe quelque chose en plus. Forcément. les yeux se dirigent naturellement sur la place de l’église. Imposante. A l’intérieur de l’église, aucun signe extérieur de richesse, une croix et une très belle vieille armoire, quelques vitraux sans couleur et sans prétention.  Disons qu’il en faudrait plus pour nous estomaquer. Pourtant, quand Cyril Lecointe, responsable de la communication de l'abbaye, arrive à notre rencontre, on est loin de se douter de l’histoire que l’on va vous raconter. Il nous ouvre alors la porte vers l’abbaye d’Aubazine, un splendide édifice du XIIe siècle classé monument historique qui fut transformé en orphelinat, où vécut Coco Chanel entre ses 12 et 18 ans.

Alors que l'on pénètre dans cette abbaye cistercienne, on se retrouve au cœur d’un jardin sauvage face à un imposant bâtiment. A l’intérieur, la fraîcheur se ressent automatiquement. On découvre alors les mêmes vitraux un brin austères dans le pur style cistercien de l’époque. « Ces vitraux ont dû hanter Coco Chanel parce qu’elle a repris leur motif en l’adaptant dans l’une de ces montres et dans sa joaillerie. Ils n’étaient pas très joyeux à l’époque, il faut croire que seule cette créatrice de talent pouvait les remettre à la mode en en faisant une montre ! Ce n’est donc pas un hasard si on reçoit ici tous les gens importants de la maison Chanel », explique Cyril.  «On a même reçu l'actrice Kristen Stewart pour un shooting. C’est dire si le lieu est connu ! »

Incontestablement, on peut donc dire qu’il y a bien une influence d’Aubazine sur la créativité de Coco Chanel. Vous retrouverez d’autres détails qui évoqueront immédiatement la marque Chanel prochainement.

Abbaye d'Aubazine

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Les Jardins de Colette

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Dans la roseraie des jardins de Colette

Dans les Jardins de Colette

Les Jardins de Colette est le grand jardin de 5 hectares qui raconte l'histoire des phases importantes de la vie de l'auteure. Chacun des jardins, eux, représentent des régions où la célèbre romancière française a vécu au cours de sa vie. Avouez que la démarche peut surprendre aux premiers abords. Pourtant, ce n’est pas sans plaisir que l’on déambule dans ce fabuleux jardin.

Colette est l'une des plus célèbres romancières française. Elle est née à Saint-Sauveur-en-Puisaye, en Bourgogne en 1873 et a vécu ici pendant toute son enfance. Après avoir quitté la maison, elle a rencontré et épousé Henry Gauthier-Villars, connu comme Willy, en 1893. Elle a commencé à écrire son premier livre, "Les Claudines", et a été publiée sous le pseudonyme de Willy, nom de son mari. Colette a été mariée 3 fois et a souvent déménagé au fil de sa carrière. Elle est morte à Paris à l'âge de 81 ans.

Le premier jardin incarne la première maison de Colette, en Bourgogne. Ce jardin a été créé dans le même format que la maison de son enfance, en deux parties faisant ainsi référence à sa grand-mère Sido, à laquelle d'ailleurs elle consacrera un roman. Comme Sido, Colette affectionnait ce jardin botanique et ce jardin potager. Notamment la glycine, l'une des plantes préférées de Colette.

Ses romans rencontrent rapidement le succès. Elle et son mari investissent alors dans le 'Domaine des Monts Boucons' en Franche-Comté. Une période de sa vie représentée dans le jardin 2. La maison disposait d'un grand parc parsemé de hêtres, de peupliers, de conifères et cyprès.

Willy et Colette divorcent finalement en 1910 après de nombreuses affaires délicates de Willy. Colette déménage alors en Bretagne où elle devient danseuse et actrice. Parallèlement, elle poursuit sa carrière d'auteure avec succès. Elle entame alors plusieurs tournées en France avec sa compagnie de danse. Elle achète le manoir de Rozven, à proximité de Saint-Malo. Elle gardera cette maison jusqu'en 1927.

Le Jardin 3 représente ainsi la Bretagne. Les grandes dalles de granit évoquent les falaises de la côte bretonne. Les graminées ornementales, verveine bonasera et les eryngiums font alors référence aux plantes côtières de la région.

En 1912, Colette épouse Henry de Jouvenel et découvre le château de Castel Novel, juste à côté de ces jardins en Corrèze. Ici, elle y élève sa fille qui se plaît à nourrir les poules. C'est ce qui explique la présence d’un poulailler dans la 4e partie du jardin. Les saules occupent également une place très importante. Ils ont été utilisés pour la vannerie.

En 1925, Colette et Henry divorcent. Colette rencontre Maurice Goudeket et l'accompagne jusqu'en Provence. L'artiste achète une maison à proximité de Saint-Tropez et tombe sous le charme de la Côte d'Azur. Le Jardin 5 évoque toute la fraîcheur de la Provence, avec une fontaine et ses rigoles d'eau.

Dans le jardin, véritable refuge de Simone de Beauvoir

Sur la trace de Simone de Beauvoir...

Quand on arrive sur le chemin de Simone de Beauvoir à Uzerche, on retrouve avec plaisir le calme et la nature. Un parcours de 4 kilomètres a été aménagé juste à côté de la rivière, sous les arbres. Le cadre est extrêmement bucolique. Mais si vous y prêtez attention, vous trouverez des panneaux indicatifs qui retracent la vie de la célèbre romancière, philosophe et essayiste française, figure du féminisme. Oui, mais alors pourquoi Simone de Beauvoir ?

Il suffit d’arpenter ce chemin pour découvrir et comprendre le parcours de l’auteure du Deuxième Sexe. Simone de Beauvoir venait passer ses vacances dans un hameau à côté de Uzerche, où une maison familiale avec des grands jardins l’attendaient chaque été. Modeste, mais brillante, elle aurait rédigé quelques-unes de ses œuvres dans ce jardin familial.

La maison est toujours habitée par Martial Dauriac, petit-neveu de Simone de Beauvoir, qui souligne avec un plaisir non dissimulé qu'« aujourd'hui encore, des Américains traversent spécialement l'Atlantique pour venir voir cette vue sur le catalpa, dans le jardin de la maison de Meyrignac. »

La jeune Simone a passé ses vacances d'été dans cette propriété bourgeoise, située sur la commune de Saint-Ybard près d'Uzerche, qui appartenait à son grand-père. C'est aujourd'hui son petit-neveu, Martial Dauriac, qui est chargé d'entretenir la demeure et la mémoire de son illustre aïeule.

"Elle avait une liberté ici qu'elle n'avait pas à Paris", raconte-t-il. "Elle avait sa chambre, elle lisait ce qu'elle voulait, et surtout elle n'avait pas ses parents sur le dos. Meyrignac, c'est certain, lui a appris beaucoup de choses sur la liberté, la sexualité, les animaux..." C'est en Corrèze, aussi, qu'à l'âge de 21 ans, elle décide de s'affranchir de la religion et des conventions de son temps en découvrant l'amour et la sexualité avec Jean-Paul Sartre.

Cette figure du féminisme a également donné son nom à la médiathèque d'Uzerche. Dans le village, la mémoire de Simone de Beauvoir est omniprésente. Un circuit de 4 kilomètres, jalonné de panneaux, propose de revenir sur les lieux qui ont marqués son enfance en Corrèze.

«Comment Simone de Beauvoir percevrait-t-elle notre époque ? C’est difficile à dire", répond Martial Dauriac. "Elle était douée, elle parvenait à comprendre en peu de temps les enjeux du moment. Je me plaîs à croire qu’elle serait sans conteste au fait d’Internet. Je  pense qu’elle ne soutiendrait pas les actions violentes de certaines féministes de notre époque, elle était pacifiste, avant tout », confirme Martial Dauriac. "Il suffit de regarder ce jardin pour comprendre qu’elle avait un lien très fort avec cet endroit. »

Les photographies sont les seules traces visibles de sa présence sur les lieux. Et le fameux catalpa, qu’elle décrit dans Mémoires d'une jeune fille rangée, le roman autobiographique de Simone de Beauvoir a bien vieilli...

Livre de Simone de Beauvoir
chez Simone de Beauvoir

Au château de Turenne

Bien sûr, il vous faudra y monter et ce n’est pas une mince affaire. Mais une fois que vous arrivez face à ses portes, vous aurez l’assurance d’être dans un lieu rare. Ici, pas de vente à outre-mesure, pas de tentations à sortir le porte-monnaie à chaque instant. C’est naturel, brut, intact d’une certaine manière.

C’est au sommet d’une corniche que ce château fort fut construit au XIe siècle. Aujourd’hui, il ne présente plus que d'imposants vestiges. Défendant l'entrée du château, le donjon massif et rectangulaire date du XIIe siècle. La salle des Gardes qui se visite et son mobilier Louis XVIII avec une collection de coffres à sel. À l'opposé du donjon, la tour ronde, dite tour César (XIIe - XIIIe s.) servait d'observatoire.

La Tour César
On accède à son sommet par un escalier à vis pour y bénéficier de très larges panoramas, bien au-delà de la vallée de la Dordogne vers le sud. La tour César, tour cylindrique du XIIIe siècle, symbolisait l’allégeance du vicomté à la Couronne. Elle servait aussi de tour de guet et de relais pour envoyer des signaux.

Profiter du  Jardin
À l’emplacement de la plate-forme rocheuse occupée par les actuels jardins, s’étendait un vaste et somptueux corps de logis. Recensé dans le guide des Parcs et Jardins de France, le jardin du Château de Turenne allie de manière simple et élégante, dessins « à la française » et grand parterre à l’anglaise.

La Salle des Gardes
Le donjon, tour du Trésor ou encore tour de l’Horloge, a été bâti au XIVe siècle et a conservé sa salle des Gardes à la belle voûte en arceau brisé que vous pouvez visiter tout au long de l’année. Une collection de coffres à sel Louis XIII, du mobilier ainsi que des objets de l’époque y sont exposés.

Le Château de Turenne est classé au titre de Monument Historique en 1840, renouvelé en 2016, et les corps de logis, démantelés, ont laissé place à un superbe jardin fleuri à la française.

Collonges-la-Rouge

A une vingtaine de kilomètres de Brive-la-Gaillarde, aux confins du Limousin et du Quercy, Collonges-la-Rouge dresse sa silhouette de grès pourpre sur le vert contrastant d’un vallon. C’est au petit matin qu’il faut aller à sa rencontre. S’asseoir un instant à la terrasse d’un café et écouter le village s’éveiller peu à peu. Il suffit alors d’admirer les lumières particulières de ce moment de la journée magnifier ce bijou d’architecture, ces reflets sur les imposants volumes bâtis coiffés de larges toitures de lauze ou d’ardoise, tourelles et échauguettes qui viennent parfois surprendre le regard…

« Collonges » propose force et délicatesse, simplicité et élégance. Ici, chaque pierre est un témoin de l’Histoire. Ce fut l’étape pour de nombreux pèlerins cheminant vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le village a notamment conservé l’église Saint-Pierre, érigée aux XIe et XIIe siècles. Il vous suffira de visiter le village pour comprendre comment le village médiéval devint, au XIIIe siècle, châtellenie de la puissante vicomté de Turenne. On retrouve alors une ancienne halle aux grains et aux vins du XVIe siècle, qui abrite toujours le four banal. Jadis, cette cité commerçante dispose de nombreux commerces qui aujourd’hui dénaturent quelque peu le site. On vous recommande d’y aller en fin de journée car il peut y avoir foule. Arrêtez-vous dîner au Cantou où une cuisine traditionnelle et copieuse vous sera proposée. Vous pourrez alors profiter du charme du plus beau village de France et de ses reflets lumineux lors d’un coucher de soleil.

Château de Turenne
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Découverte du Château de Turenne
Le chateau de Collonge-la-rouge
Dans les rues de Collonge-la-Rouge
Vue du Château de Turenne

Les bonnes adresses de la Corrèze

Remerciements sincères à l'office de Tourisme de Brive-la-Gaillarde pour leur accueil.

Remerciements également  pour :

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